Interview et réseau

Studio Design AHK - Interview

Studio Design AHK - Interview

Studio Design AHK 

Coup de projecteur sur le Studio Design, l’équipe DAO/PAO des graphistes d’AHK qui nous parle de design et d’objets sur mesure.

Pourquoi le nom Studio Design ?

Philippe Meyer,
Responsable d'équipe

Philippe Meyer Nous avions pour habitude d’appeler le studio PAO, ce qui veut dire Publication Assistée par Ordinateur. C’est ce qu’on fait en partie même si nous faisons surtout de l’objet, du design. C’est un savoir-faire qu’on acquiert au jour le jour, ce n’est pas quelque chose qu’on va apprendre à l’école. L’infographie on va l’apprendre évidemment à l’école mais le métier de mettre en produit, de designer les objets c’est vraiment quelque chose qu’on va apprendre ici, en équipe et c’est cette compétence que nous voulons mettre désormais en exergue avec le nom Studio Design : la création d’objets publicitaires beaux, tendances et fonctionnels.

Comment est structurée l’équipe ? Quels outils et compétences utilisez-vous ?

Philippe Meyer : Aujourd’hui nous sommes six personnes dans l’équipe. Les âges vont de de 28 à 52 ans, nous avons différents profils, les gens ont des aptitudes diverses et variées. Tout le monde dans l’équipe a un talent pour le dessin mais il y en a qui sont plus l’aise avec une technique ou une autre, l’important c’est que nous ayons tous la même fibre créative. Nous travaillons sur des objets en volume, qui ont une masse, une fragilité selon le design, il faut donc faire appel à l’expérience de chacun pour créer quelque chose de parfait. Nous sommes ainsi obligés d’anticiper, en fonction de la matière qui va être choisie : injection métal, estampage, ou PVC injecté. Notre rôle est d’étudier la faisabilité de la demande du client pour créer un objet efficace d’un point de vue communication, c’est-à-dire non seulement élégant mais qui va tenir dans le temps. Pour cela il faut être sensible à divers enjeux ; à la matière, si elle peut résister ou pas, mais à la forme également ; elle peut être avec des arrêtes, comme dans le cas d’un porte clé triangulaire par exemple. Il faut donc adapter les choses, changer la forme pour que cela fonctionne techniquement et visuellement.

L’objet publicitaire a une dimension affective, il représente une entreprise, on a envie de le voir le plus beau possible et en adéquation avec les valeurs portées.

Savoir-faire et méthodes du Studio Design

En quoi consiste le poste de chargé de projet au sein du Studio ?

Philippe Meyer Notre travail consiste avant tout à prendre connaissance de la demande du client, le projet peut être très précis ou parfois très vague, voire complètement inexistant, les clients attendent de nous force de propositions. Nous devons les guider sur le produit à choisir. Notre travail, c’est de bien comprendre ce que le client veut en termes d’esthétique, en termes de coût aussi et de destination de l’objet surtout. Est-ce qu’il va être distribué dans un concert ? Dans un magasin ? Chaque produit selon sa destination aura une forme différente. Pour le Tour de France on va faire des choses grand public mais pas sous emballage par exemple. Il y a plein de questions à poser avant de lancer le projet en lui-même, il faut avoir une idée exhaustive de ce qu’on va faire avec, c’est notre travail au préalable, avant même de rentrer dans la phase de dessin. C’est ça être chargés de projets ; recevoir une commande et la concrétiser, la comprendre et lui donner corps, la montrer au client pour la vente et ensuite suivre la production, jusqu’à l’implantation quasiment. Car au-delà du graphisme, nous avons également tout un système pour anticiper les livraisons, pour que la commande parte tel jour, arrive dans les temps. Il y a un rythme, une chaîne de production et de fabrication qu’on doit respecter, c’est aussi un travail du côté commercial à ce moment-là. Nous nous occupons de tout, de toutes les phases de traitement d’un dossier, du design à la mise en production.

Quel est le déroulement d’un projet-commande type ?

Philippe Meyer Le client prend contact avec nous, le commercial examine ses besoins, puis la commande parvient au Studio Design. À nous alors de proposer différents produits. La question la plus fondamentale c’est le budget, avant de parler qualité ou technique c’est le budget qui va déterminer la voilure du projet. On s’adapte en fonction de cette donnée, c’est la clé. Nous prenons ensuite en compte les impératifs et envies du client. C’est un vrai travail d’expertise. L’objet publicitaire a une dimension affective, il représente une entreprise, on a envie de le voir le plus joli possible et en adéquation avec les valeurs portées.

Qu’est-ce qu’un projet réussi ?

Philippe Meyer Un bon travail de réalisation graphique c’est avant tout un travail qui satisfait le client. Graphiste rime aussi avec artiste et nous donnons de nous quand nous réalisons une création, même une adaptation d’un visuel. C’est une participation affective, intellectuelle et technique. Il y a une réelle implication. Je pense que c’est important que la personne qui travaille dans notre studio soit heureuse, épanouie dans le travail qu’elle réalise. Ensuite bien sûr il y a la satisfaction du client, c’est notre vocation, de le satisfaire, de lui rendre service au maximum.

Être graphiste-chargé de projet chez AHK

Quelles sont les étapes particulièrement intéressantes du métier de graphiste chez AHK, pourquoi ?

Cynthia Dreyer,
Coordinatrice

Cynthia Dreyer : Notre travail est très varié. Il y a des commandes qui peuvent très simples, par exemple tout ce qui est produit standard, mais il y a aussi des choses plus complexes, dans le domaine militaire par exemple, des insignes, des médailles, des choses plus techniques à faire car ce sont des produits composés de plusieurs pièces, avec des couleurs de métal différentes, des façons d’émailler différentes, cela demande de bien s’y’ connaître techniquement pour arriver à mener à bien le projet, savoir ce qui est compatible, entre les matières, les techniques. Souvent les clients ont de beaux dessins, mais techniquement ce n’est pas forcément réalisable donc à nous d’adapter au mieux leurs dessins de façon à ce qu’ils soient réalisables techniquement et au plus proche de qu’ils voulaient au départ. Ça c’est un aspect très intéressant du métier de graphiste dans l’objet publicitaire. Il y a aussi un peu de psychologie, il faut arriver à évaluer ce que notre client veut vraiment. C’est un petit défi.

Cédric Rulquin,
Chargé de projet

Cédric Rulkin : Évidemment la création reste la partie la plus inspirante, on prend le temps de réfléchir à des concepts, au message que le client veut véhiculer via l’objet. Au-delà de la création il y a aussi la façon de fabriquer l’objet qui est intéressante en elle-même, comment on va gérer la création des moules, comment on va traiter les impressions. Je pense que la conception est aussi importante que la création, dans notre métier les deux sont étroitement liées.

Quelles sont les étapes plus difficiles ou compliquée et pourquoi ?

Cynthia Dreyer : Il arrive qu’on perde du temps sur certaines choses. Par exemple le client nous dit ce qu’il veut, on se saisit de la commande, tout nous paraît alors évident et on part dans une direction créative et parfois, il arrive que ce ne soit pas du tout ça que le client voulait finalement. Heureusement nous échangeons à chaque étape de la conception, ce qui nous permet de vite rectifier le tir.

Lionel Popovics,
Chargé de projet

Lionel Popovics : Le client peut s’attendre à avoir très facilement son produit ; or, il arrive parfois que le fichier envoyé avec le visuel ne soit pas adapté pour la fabrication, à nous alors de discuter et d’argumenter sur ce point-là. Parfois il faut refondre l’idée. Donc nous allons devoir faire le nécessaire pour aiguiller le client vers un autre visuel et trouver la solution la mieux adaptée d’un point de vue marketing et technique.

En quoi être graphiste dans le milieu de l’objet publicitaire diffère des autres postes de graphiste dans d’autres secteurs d’activité ? Que signifie exactement sur mesure pour un graphiste ?


Nicolas Meignan,
Responsable communication

Nicolas Meignan : Avant tout, la typologie d’images est différente dans une entreprise qui s’adresse à des professionnels. Le message comporte d’autres enjeux. L’image doit influencer, toucher, émouvoir, donner à penser. Quant à l’objet publicitaire, il a un fort pouvoir de transmission : il est tout petit, il y a peu de matière pour communiquer, peu de surface, quelques centimètres carré seulement et pourtant il est présent partout et tout le temps, c’est vraiment un véhicule de communication efficace. L’objet publicitaire peut impacter fortement l’image des marques émettrices. Les cibles acquises peuvent en devenir les ambassadeurs.


Caroline Loehr-Becker,
Chargée de projet

Caroline Loehr-Becker : L’objet publicitaire c’est avant tout travailler sur un objet, un objet 3D, ça ne se résume pas à une feuille de papier, c’est quelque chose qui a un volume, qui a une dimension. De fait, le travail de graphiste dans l’objet publicitaire est vraiment particulier parce qu’on travaille sur du volume, sur de la 3D, il faut ainsi pouvoir s’imaginer l’objet tel qu’il devrait être avant même qu’il soit produit.

L’image doit influencer, toucher, émouvoir, donner à penser. Quant à l’objet publicitaire, il a un fort pouvoir de transmission.

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